Histoire

Origine du nom

Ebersingen est la transcription dialectique de l’Allemand Obersingen. On y a ajouté VAHL pour le distinguer d’un autre Ebersingen qui se trouve près de Sarreguemines au bord de la Blies (Blies-Ebersing).

Pourquoi l’additif de VAHL à Ebersing : avant la Révolution de 1789, l’église isolée de Vahl (aujourd’hui commune de Laning) était l’église-mère d’une paroisse étendue appelée “Vahl-Ebersing”, et la maison curiale ou presbytère se trouvait à Ebersing.
Cette paroisse avait comme annexes : Biding, Lixing, Laning, Frémestroff et Freybouse.

Sur l’ancien cachet de la mairie de Vahl-Ebersing, on pouvait lire “Val” sans “h” alors que sur l’actuel Vahl s’écrit avec “h”. Dans la langue française Val est un contre-sens, car Val signifie vallée et Vahl-Ebersing est situé sur une colline.
Autre anomalie : à cette époque, la langue parlée dans le village était l’allemand et les gens du village auraient donc dû dire “Fahl-Ebersing” or cela ne s’est pas fait ; les gens ont toujours dit Vahl-Ebersing comme s’il y avait un “W”, il y a là aussi une contre-vérité.
L’origine de notre village est beaucoup plus rationnelle : l’église de Vahl-Ebersing est située à un endroit qui a été choisi, en allemand, “gewält” pour désigner l’emplacement de l’église des quatre communes : Ebersing, Laning, Lixing, Frémestroff.. C’est ce choix qui est l’origine de la particule” Wahl” qui donna Wahl-Ebersing et plus tard Vahl-Ebersing. Ebersing signifie “oberes Dorf” dans les archives, on a trouvé en 1365 “Obersingen” qui voulait dire : “résidence du Curé”.

Dans notre région, quand il est question de partie haute “Oberes Teil” et partie basse ” Unterer Teil” d’un village, cela se dit dans le parler local : “Evrest-Dorf” et “Innerst-Dorf”. Comme le suffixe diminutif,”ing” que l’on rencontre dans beaucoup de noms de villages”(ex:Biding), signifie Dörflein” := petit village, il s’en suit que Ebersing (le”b” étant prononcé”v”) veut dire “petit village” situé sur une hauteur (autre théorie : le nom du village se terminant par « ing » constitue une forme d’origine germanique, tirée d’un anthroponyme (nom de personne), soit « ober » ou « ever », chef de tribu qui a créé la localité.
En conclusion donc, Vahl-Ebersing peut être compris de deux manières : en tenant compte de la topographie, c’est-à-dire le village le plus élevé des quatre annexes, situé sur la côte. Mais on peut également se placer sur le plan spirituel ou sentimental. Vahl-Ebersing serait alors la résidence du Curé qui office à l’église de Vahl-Laning. Notre village aurait eu l’honneur d’héberger le Curé dans la localité la plus haut placée des 4 villages qui sont Lixing, Laning, Frémestroff, Ebersing.
D’après HIEGEL : Suffixe ing, ingen, ange = compagnon Ebers vient de Ebersis = chef celte Ebersing = village créé par les compagnons de Ebersis Adjonction de Vahl = église-mère à laquelle le village est annexé.

Différents noms : Ebresanges 1360 – Obersingen 1365 – Ebersingen 1395 -Ebersinga, Hersinga Sive Zalla 1544 – Ebersing 1688 – Ebresing 1717 -Valeversing 1725 – Ebersin 1751 – Obersing 1756 – Val Ebersing 1870 -Wahl-Ebersing après 1870 (en français : Vahl-Ebersing)

Un peu d’histoire

D’après les historiens et archéologues, en particulier Emile LINKENHELD, le grand géologue, originaire de Vahl-Ebersing, notre région était déjà habitée dès le VIIIème siècle avant notre ère par les Celtes venus de l’Allemagne du Sud qui s’installèrent de préférence dans les forêts situées le long des rivières. Pour nous, c’était la Nied toute proche. Ces Celtes furent remplacés, par suite des invasions, par les Gaulois et les Romains. Pour l’époque gallo-romaine, des vestiges romains ont été reconnus par Linkenheld au lieu-dit “Frankenberg” – Colline des Francs et surtout au lieudit “Mittelwald”, ainsi que sur les territoires voisins de Lelling et d’Altviller. D’ailleurs une voie romaine, venant de Laudrefang, Folschviller, en direction de Maxstadt, passait par le bois de Vahl-Ebersing.

A la limite des 3 bans : Ebersing, Folschviller, Lelling se trouve une pierre borne d’un aspect étrange qui pourrait être un ancien autel de druides, pierre à laquelle se rattachent plusieurs légendes.
Toujours d’après Linkenheld et d’autres historiens, les villages appelés “Vahl” en Lorraine, conservent le souvenir d’anciens celtes romanisés, restés fidèles à la langue de leurs anciens maîtres, les Romains. Les envahisseurs les ont nommés “Welsch” ou “Wallons”, noms donnés encore aujourd’hui à la population de langue française en Lorraine ou en Belgique. Une colonie de ce genre, après l’invasion des barbares, était établie dans notre village. Il existe encore d’autres vestiges de l’époque gauloise ou celtique, notamment les mardelles ou mares desséchées qui étaient les habitations souterraines établies dans des trous circulaires recouverts de poutres équarries et de claies de roseaux ou de chanvre.

Au Moyen-Age, Vahl-Ebersing était compris dans la Seigneurie ou Vouerie épiscopale de Hombourg-St Avold. A l’origine, la localité était un bien séculier du diocèse de METZ qui avait juridiction sur les possessions de l’Abbaye de SAINT-AVOLD, du baillage du chapitre de HOMBOURG, de l’Abbaye de Ste Glossinde, du couvent St-Sauveur.

Déjà en 1240, les maîtres de Griechingen (Créhange) possédaient des biens à VAHL-EBERSING ( loués aux sires de Fénétrange). Suzerains étaient les comtes de SARREBRÜCK qui étaient baillis de SAINT-AVOLD de qui dépendait VAHL-EBERSING. Vassaux étaient les seigneurs Drittel-Forbach et comte de Varsberg.
En 1490, Henri de Huntingen loua de l’Evêché la ferme de “Ebersingen”. En 1572, le cardinal-archevêque de METZ, Charles de Lorraine, légua par traité le baillage de Hombourg et SAINT-AVOLD, à son neveu Henri de Guise. Dans ce traité, les localités deviennent propriété du duché de Lorraine, sauf quelques unes que se réserve et garde l’évêché, dont les biens ecclésiastiques et fief du baillage de SAINT-AVOLD, à savoir : GUESSLING-HEMERING, BOUSTROFF, BOUCHEPORN, BISTEN, NIEDERVISSE, HOLBACH, BARST.
En 1572 sont cédés :
des possessions de SAINT-AVOLD
La ville de St-Avold
La métairie de Macheren et Petit-Ebersviller
La métairie de Vahl-Ebersing avec Lixing
La métairie de Seingbouse avec Béning
des possessions du chapitre de Hombourg Hombourg-Haut et Bas (citadelle et village)
De St Glossiade : Hoste Haut et Bas avec Valette, Maxstadt
De St Sauveur : Altrippe, Leyviller

En 1581 , la maison de NASSAU-SARREBRÜCK renonce à ses droits sur VAHL-EBERSING en faveur du Duc de Lorraine par contrat du 25 août 1581.
Le 24 Novembre 1581, Henri de Guise vend les terres léguées au duc Charles de Lorraine.
En 1581, le village fut vendu avec toute la seigneurie (vouerie de Hombourg-St Avold), au Duc de Lorraine et fit partie de ce duché pendant près de 2 siècles jusqu’en 1766 où tout le duché de Lorraine passa sous la souveraineté de la France.
En 1676, les sires de Vasberg avaient vendu leurs droits de vouerie à VAHL-EBERSING aux Bénédictines de St-Avold. Avant les droits de vassalité se partageaient entre les seigneurs Drittel-Forbach et les comtes de Vasberg. La vassalité de Forbach fut partagée avec les comtes de Esch, Pallant, Betting.
En 1729, le Duc cède le village (avec Macheren, Lixing, Lachambre) en fief au baron de Henning, gouverneur de St Avold, qui en échange cède au duc ses possessions situées dans le comte lorrain de Fontenoy-le-Château, près de Bains-les-Bains.
En 1766, la métairie Vahl-Ebersing-Lixing passa sous l’autorité du roi de France ; il en est de même de tout le duché de Lorraine, Vahl-Ebersing, comme Lixing, devient en 1790 commune du canton de Hellimer et à partir de 1802 du canton de Grostenquin comprenant alors 36 communes.
Après les modifications de 1881, il reste 32 communes dans le canton, dont Vahl-Ebersing.

Depuis 2015, la commune fait partie du canton de Sarralbe.

Emigration

Emigrations dans le Banat, une des neuf grandes divisions territoriales de la Roumanie. Avant la grande guerre, il était rattaché au royaume de Hongrie.
Ont émigrés en 1785 : ZIMMERMANN Dietrich, ZIMMER Jacob, KLEIN Conrad, KLEIN Georges, SCHÖNNBERG Barthel, KOLB Laurence. Emigrés pendant la révolution ( 1792-1800) : HAHN Joseph Antoine, prêtre
Après la guerre de 1870, plusieurs hommes partirent en Amérique du Nord afin de ne pas servir sous les drapeaux allemands dont RICHERT Nicolas.
Autres émigrations :
1830 : vers l’Amérique
1832 et 1834 : à cause du choléra
1860 et 1870 : raisons économiques
Au XVIIIème et XIXème siècle, vers le Banat, déclenchée en 1736 à cause de la misère (surpopulation, ban trop petit, aucune industrie).
Le 1er septembre 1939, la commune fut évacuée à St Romain (Département de la Charente). Retour des habitants : début septembre 1940 Elle fut occupée par les troupes allemandes en juin 1940 et libérée le 27 novembre 1944 par les Américains.

Epreuves de guerres

1914-1918 : victimes : ALBERT Victor, BECKER Joseph, BONGRAS Christophe, BONGRAS Jean, GROSMANN Charles, HAAS François, KEIP Eugène, KEIP Pierre, KIRCH Edouard, PEIFFER Victor, RICHERT Auguste, RICHERT Joseph, THIL Eugène. 1939-1945 : victimes : BONGRAS Albert, PEIFFER Paul, STREIFF Victor, THIL Albert, THIL Paul, TRASCHLER Alfred, TRASCHLER Emile.

Malgré-Nous tués ou disparus 1941-1945 : BONGRAS Albert, STREIFF Victor, THIL Albert, THIL Paul.
Déportés entre 1941-1945 : Mme Veuve Doudot, née Spaeter Eugénie et sa fille Doudot Jeanne sont décédées au camp de Ravensbrück.